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- Last Updated on Wednesday, 09 September 2026 11:57

Anca Vasiliu, Toucher par la vue : Platon, Aristote, Plotin sur la lumière et le sensible, Leiden, Brill, coll. History of Metaphysics: Ancient, Medieval, Modern, vol. 9, 2026, xiv + 573 p. - ISBN 978-90-04-76636-5
La lumière est là, mais en elle-même qui la voit ? Conditionnelle pour tout ce que la lumière n’est pas — le visible, l’être, la vie, la pensée — sa phénoménalité s’avère immanente à la saisie sensible, tandis que la lumière elle-même demeure étrangère à tout ce qu’elle dévoile. La connaître exige de saisir son effet, à la fois unique et multiple, à travers le rendu infini du visible et de l’animé. Cette pierre m’est lumière (lapis iste … mihi lumen est), disait un philosophe irlandais à la croisée de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge. C’est en regardant que l’œil recouvre la puissance du fiat lux : il engendre la visibilité comme expression universelle de l’être, en laissant se révéler en même temps la lumière comme condition transcendante de l’apparaissant.
Platon, Aristote et Plotin évoquent la lumière en parlant du toucher qui définit la vue. C’est l’expérience sensible la plus directe qui conduit à saisir la lumière en tant que principe du vivant et condition de l’intellection. À l’aube de l’histoire prémoderne, deux de leurs héritiers tardifs, Dante et Marsile Ficin, décrivent la lumière comme ce qui se tient au-delà des aspects tout en les déterminant. Avant Kepler et Newton, la lumière est irréductible au phénomène physique. Pour saisir les enjeux de ce statut aporétique aux conséquences fondatrices pour la philosophie, relisons le Timée, la République, le Phèdre, le Banquet, le De anima aristotélicien, ainsi que certains traités de Plotin.




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