Cherif Zahar Farah

Titre de la thèse : "Le livre VIII de la Physique d’Aristote et ses commentaires : Simplicius et Ibn Bâjja"

Direction : Marwan Rashed

Inscription : septembre 2011

 

Résumé du projet de thèse

 Le livre VIII de la Physique d’Aristote occupe une place importante tant dans le corpus aristotélicien que dans l’histoire de la philosophie et de la théologie grecques, arabes, hébraïques et latines. Les sujets les plus élevés de la science physique aristotélicienne y sont abordés : le Stagirite part de la démonstration de l’éternité du mouvement pour établir ensuite l’existence d’un premier moteur immobile et immatériel, cause ultime du mouvement cosmique. La preuve démonstrative conduite par Aristote est parsemée de difficultés de nature tout à la fois textuelle, exégétique et philosophique. Notre travail a pour ambition de proposer un guide de lecture complet pour aborder ce texte épineux. Il consiste en une nouvelle traduction du texte grec édité par D. Ross suivie d’un commentaire linéaire, exhaustif et problématisé du traité. L’objectif est de repérer et de prendre en charge les difficultés d’interprétation posées par le texte comme les problèmes philosophiques internes au système aristotélicien en s’appuyant aussi bien sur la riche littérature secondaire contemporaine que sur l’exégèse ancienne. Notre recherche recourt pour cela à deux commentaires anciens : celui du néoplatonicien athénien Simplicius (ca. 490-ca.560) et celui du philosophe andalou Ibn Bâjja  (l’Avempace des Latins, ca. 1085-ca.1139). Ces commentaires présentent un double intérêt : leurs qualités exégétiques et philosophiques en font de précieux guides pour une étude minutieuse du traité aristotélicien ; leur place privilégiée dans l’histoire des commentaires de la Physique nous permet de prendre en compte la tradition des interprétations de cette œuvre depuis le commentaire perdu d’Alexandre d’Aphrodise jusqu’aux exégèses multiples d’Averroès. L’étude de ces commentaires nourrit notre lecture philosophique et lui est subordonnée. Notre commentaire vise, à la lumière de ces textes, à reconstituer dans son détail la structure de la démonstration aristotélicienne et à renouveler le traitement des difficultés interprétatives et théoriques qui en émaillent le déroulement. La lecture des Anciens permet ainsi d’élaborer une interprétation nouvelle du texte qui fait de la question du type d’éternité prouvée par Aristote au livre VIII le fil conducteur de l’analyse.