3. 2. Religion et philosophie

Thème de recherche 3 : La transmission des doctrines philosophiques

3. 2. Religion et philosophie (Labex Resmed) (Resp. A. Laks, A. Vasiliu)

Le labex RESMED (Religions et sociétés dans le monde méditerranéen), dont le centre Léon-Robin est partenaire a pour vocation d’étudier l’évolution historique des rapports entre religions et sociétés dans le monde méditerranéen, et ceci notamment dans l’Antiquité. S’il est impossible d’aborder les textes philosophiques sans s’appuyer sur les recherches archéologiques et historiques qui permettent d’en situer les enjeux, notre centre est plus particulièrement impliqué dans l’axe de recherche B1 « Rationalité et Religions », dont le responsable est André Laks et auquel six autres chercheurs du centre participent (J.-B. Gourinat, S. Husson, D. Lefebvre, S. Toulouse, A. Vasiliu, C. Viano). Notre participation a pour objectif tout d’abord d’explorer le rapport que la philosophie grecque entretient avec la religion grecque traditionnelle, dans la mesure où elle « inaugure une problématique et des formes de réflexions qui jouent un rôle capital pour le devenir de la conscience religieuse non seulement en Grèce mais de manière générale dans le monde occidental », la contestation des mythes et pratiques religieuses depuis les présocratiques va, en effet, engendrer un éventail d’attitudes, qui vont de la contestation frontale dans le cas du cynisme, à l’assimilation philosophique du panthéon traditionnel par le biais de l’interprétation allégorique, tout particulièrement développée par les stoïciens, qui vont structurer les débats et les entreprises apologétiques ou de rationalisation ultérieures, au sein du christianisme notamment. Les philosophies hellénistiques, en particulier, leurs conceptions théologiques et morales ainsi que leurs méthodes argumentatives, dont l’influence n’avait pas cessé, s’imposèrent au christianisme, à la fois comme cadre de pensée et comme objet de rejet, et inversement, à la fin de l’Antiquité, certains philosophes se revendiquant de l’hellénisme réinvestirent l’opposition philosophique à la religion traditionnelle mais en dirigeant leurs arguments contre le christianisme, c’est ce que trois projets se proposent d’explorer, dans le cadre notre partenariat avec le labex RESMED : philosophie hellénistique et théologie grecque, philosophies hellénistiques et christianisme, controverse avec le christianisme. Le Centre Léon Robin participe déjà à l'organisation d'un séminaire transversal :

Sur le thème:  Le dualisme : une notion caractéristique de la pensée occidentale dès son origine ou un concept issu des polémiques religieuses et simplifications critiques ?

Collaboration des centres de recherches: Lenain de Tillemont (UMR 8167) et Léon Robin (UMR 8061)

Porteur principal du projet : Fabienne Jourdan (CNRS, UMR 8167).

Participants du Centre Léon Robin : Jean-Baptiste Gourinat, Gérard Journée (post-doc), Izabela Jurasz (doc), André Laks, Anca Vasiliu, Cristina Viano.

Programmation : 2012-2014. Huit séminaires d'une journée de six heures chacun, répartis sur deux ans. Chaque journée comportera trois interventions. Publication prévue à la fin du séminaire dans un ouvrage édité chez Albin Michel.

Voir le programme du séminaire Le dualisme pour l'année 2012-2013

« Le dualisme est souvent présenté comme une doctrine qui fait du monde le champ de bataille où s'affrontent deux principes antagonistes également puissants, l'un représentant le Bien, l'autre le Mal. Une telle pensée priverait Dieu de sa souveraineté, l'homme de sa liberté. Simone Pétrement (Le Dualisme chez Platon, les Gnostiques et les manichéens, Paris, PUF, 1947) a montré au contraire que le dualisme naît de l'affirmation qu'il existe une transcendance. Cette transcendance s'exprime au niveau humain dans le primat de l'esprit, libre de choisir le bien car libéré de ce qui l'entravait. À lire les philosophes de l'Antiquité, il est même permis d'aller plus loin. On observe en effet chez eux qu'en admettant l'existence et puissance de l'« autre », le dualisme permet parfois la transformation de celui-ci et prévient de l'aliénation. La forme de dualisme que Plutarque, par exemple, au niveau éthique oppose aux Stoïciens se propose du moins un tel but. » (F. Jourdan)


   

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