Monographies

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Jean-Joël Duhot, L'énigme platonicienne, Édition Kimé, coll. Transhumanisme, 2017, 396p., ISBN 978-2-84174-803-7

Partant du décryptage de la gamme du Timée, où j’ai découvert que le Même et l’Autre codaient respectivement l’octave et la quinte, soit les rapports 2 et 3/2, ce qui pose une équivalence entre métaphysique, acoustique et mathématiques, j’ai mis au jour un modèle physico-mathématique dont je me suis aperçu qu’il sous-tendait tous les dialogues postérieurs à la République. Et ce modèle est parfaitement cohérent avec les doxographies qui, à partir d’Aristote, prêtent à Platon un véritable enseignement dogmatique. La doctrine ésotérique de Platon était donc codée dans les dialogues, comme une énigme restée indéchiffrée jusqu’à aujourd’hui. Le problème ouvert par la thèse de L. Robin est donc résolu: il y a bien une doctrine de Platon, mais celle-ci, loin d’être étrangère aux dialogues, est la clef qui les explique.

 

 

 

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 Anca Vasiliu,  Divines techniques, Arts et langage homérique à la fin de l'Antiquité, Paris, Classiques Garnier, coll. Kaïnon – Anthropologie de la pensée ancienne, 2016, 168 p. - ISBN 978-2-8124-3806-6

La description homérique renaît à la fin de l'Antiquité. Les astuces du genre rhétorique s'associent aux techniques des ouvrages décrits notamment par Héliodore, Grégoire de Nysse ou Nonnos de Panopolis, pour créer une image du vivant. Rivalisant avec la nature, le langage prend les vertus d'un démiurge inaugural.

 

 

 

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Anca Vasiliu, Images de soi dans l'Antiquité tardive, Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 2012

Faire image de soi suppose une maîtrise simultanée de l’identité propre et d’une expression qui lui corresponde. Mais cette double maîtrise nécessite une connaissance de la singularité qui pose problème aux philosophes anciens : l’identité est enfermée dans sa condition tautologique et l’individu dans sa singularité monadique. Seul l’universel peut être connu tel qu’il se reflète dans l’individu, non l’individu lui-même dans son unicité infracassable et qui n’a pas de forme absolue. A quoi s’ajoute un obstacle logique : on ne peut pas témoigner de soi-même ni remplacer une preuve par une représentation. Comment faire état alors du singulier?
A cette apparente fin de non recevoir la réflexivité inscrite à la racine de l’identité propose une issue, en permettant de concevoir plusieurs portes d’accès à la singularité de l’être individuel.
D’Apulée et Plutarque à Grégoire de Nazianze, en passant par Plotin, Porphyre, Grégoire de Nysse et Julien l’Empereur, ce livre présente des études de cas où la conscience de soi apparaît à travers une parole en nom propre ou à travers le miroir inversé d’un portrait refusé.
Affirmée mais non thématisée, la conscience de soi qui transparaît dans ces textes est sortie du conflit tragique de l’ego mais n’a pas encore la témérité de s’identifier au cogito. Sans signer la fin de l’être ni placer l’ipséité dans la pupille vide de Narcisse, elle signifie cependant la transcendance comme altérité nécessaire à la constitution du sujet.

Ce livre d'Anca Vasiliu a reçu en 2013 le prix de littérature et de philosophie de l'Académie française : prix Montyon médaille d'argent.

 

 


LA RÉPUBLIQUE DE DIOGÈNESuzanne Husson, La République de Diogène, Une cité en quête de la nature, Librairie philosophique J. Vrin, coll. Histoire des doctrines de l'Antiquité classique, 2011

Si la nature permet au sage de mener une vie autarcique se situant au-delà de toute loi et convention sociale, les sages pourraient-ils former une cité ? Diogène de Sinope, en écrivant une République, montre en quoi l'autarcie cynique ne débouche pas sur la solitude de l'individu mais sur une communauté politique, où les relations humaines, délivrées de toute illusion, seraient fondées sur la seule vertu. Cette étude se propose, à partir de l'examen des témoignages fragmentaires et souvent polémiques, de reconstituer la description de cette cité paradoxale, où les règles ordinaires et les interdits les plus fondamentaux sont renversés. En effet, Diogène s'inspire de la République platonicienne, mais poursuit plus loin encore la contestation des institutions, car l'autarcie naturelle tend vers l'abolition de tous types de distinctions sociales entre les hommes, voire entre l'homme et l'animal.

Diogène est à la recherche d'un homme et l'humanité qu'il trouve dans sa République a de quoi déconcerter, mais il s'agit avant tout d'un exercice, d'une épreuve qu'il infligeait à ses contemporains et que, malgré les aléas de la transmission des textes, il nous inflige toujours.

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A. Vasiliu, EIKON. L'image dans le discours des trois Cappadociens, Paris, PUF, coll.  Epiméthée, 2010

Eikôn est l’image qui ne s’expose pas mais se dit, chez Platon, de la réalité que recouvre l’aspect. Le rôle de cette image est de rendre l’être visible dans le reflet de l’apparaissant. Eikôn se dit donc de tout ce que le regard distingue comme réel ou vrai dans la saisie du visible. Il va de soi que cette image ne se montre pas pour elle-même elle ne montre que ce qu’elle signifie.
Pour les auteurs cappadociens de la fin du IVe siècle, eikôn désigne la possibilité d’une image de Dieu, de l’homme, de toute chose créée. Non trait pour trait, comme un dessin, ni présence de substitut, mais identité différée du réel ou du vrai qui rend vive la relation entre l’objet du regard et le sujet qui découvre l’image en lui-même en considérant tout ce qui lui est donné à voir.
Dieu parle visiblement, selon Basile de Césarée. Dès lors, le visible est le lieu de la réciprocité entre présence et signification de l’être, à condition de saisir cette révélation dans l’immanence des actes propres du langage, en préservant ainsi l’absolu de la transcendance. Tout en citant Basile, les Byzantins aboliront la condition linguistique signifiée par eikôn et appelleront « icône » l’image qui expose le divin sous les traits de l’homme. Depuis, l’audace d’un tel dévoilement n’a de cesse d’attiser la réflexion.

   

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