PhiLat - Projet ANR

Détails

Projet PHILAT

Lexique philosophique de la latinité

(ANR 19-CE27-0023)

Projet coordonné par

Jean-Baptiste Gourinat (Centre Léon Robin, UMR 8061)

Hélène Casanova-Robin (Rome et ses Renaissances, EA 4081)

 

Ce projet est le développement d’un projet amorcé dans le cadre d’un financement «Émergences» de Sorbonne-Universités 2017-2018 (convention Idex SU-R-EMR 32), du même nom.

 

Le projet PHILAT vise à établir un lexique des termes et concepts philosophiques latins pour montrer comment les notions philosophiques grecques ont été traduites et acclimatées à Rome, dans les textes philosophiques comme dans l’ensemble de la littérature. Son cœur est l’élaboration d’un lexique informatique en open access, qui permettra à l’utilisateur des recherches dynamiques selon plusieurs plans de lecture et d’indexation (chronologie, écoles, formes littéraires, etc). Ce lexique, accompagné de l’étude de textes, permettra de mesurer l’écart entre les notions originelles et leur transposition. Le projet vise à tester l’hypothèse de la traductibilité du vocabulaire philosophique d’une langue dans une autre dans sa première tentative historique, celle du passage du grec au latin, et à comprendre comment cette tentative a réussi à créer un nouveau lexique, à initier un mouvement de transfert culturel et a aussi, en retour, transformé la culture source.

L’acclimatation de la philosophie à Rome constitue la première tentative de développement de la philosophie dans une culture autre que la culture grecque, tentative qui a été suivie de nombreuses autres. Le projet vise à tester l’hypothèse de la traductibilité du lexique philosophique au travers de sa première tentative historique, celle du passage du grec au latin, et de comprendre comment cette tentative a réussi à créer un nouveau lexique, à initier un mouvement d’acclimatation d’un aspect fondamental de la culture grecque et aussi à comprendre comment cette transposition d’une culture a irrigué la littérature latine et transformé la philosophie grecque. La période de référence du projet est la latinité dite classique (IIe s. av.-IIe s. apr. J.-C.). L’étude sera néanmoins étendue par certains coups de sonde sur certains termes significatifs jusque dans l’antiquité tardive (III-IVe s.).

Le lexique indiquera à la fois les termes latins et grecs (qui seront accessibles à partir de chacune des deux langues), leur signification ou définition, et les textes de référence, et permettra des renvois aux textes sources lorsque ceux-ci sont accessibles en ligne. On pourra interroger la base selon des critères de recherche multiples : classement alphabétique latin ou grec, chronologie, auteurs, obédience philosophique, genre littéraire, mots racines et famille de mots, notions, domaines philosophiques. Il sera par exemple possible de cibler un auteur ou de comparer deux ou plusieurs corpus. Toutes ces informations permettront, par des reclassements et des consultations croisées, une réévaluation affinée du langage philosophique dans les textes latins et de la correspondance ou de l’écart entre la langue d’origine et la langue cible. Les entrées du lexique seront complétées par des notices explicatives, qui aideront le lecteur à apprécier le processus de transplantation du lexique philosophique ou de greffe au sein des œuvres dont le sujet, a priori, semble éloigné de tout objectif doctrinal.

Le projet, porté par l’UMR 8061, a été préparé conjointement par les responsables deux unités de recherches de Paris-Sorbonne, l’UMR 8061 et l’EA 4081 (Rome et ses Renaissances). Il réunit des spécialistes de philosophie antique et des spécialistes de la langue et de la littérature latine, en explorant ces deux disciplines. L’équipe du projet comprend deux ingénieurs, Anida Hasic et Gérard Journée, ainsi qu’une dizaine d’enseignants chercheurs et chercheurs des deux unités de recherche : Juliette Dross, Alessandro Garcea, Jean-Baptiste Guillaumin, Suzanne Husson, Adrien Lecerf, Valérie Naas, Stéphane Toulouse, Anca Vasiliu, Cristina Viano. Des spécialistes extérieurs aux laboratoires, français et internationaux, complètent l’équipe des membres du laboratoire, notamment en France Jean-Christophe Jolivet (Sorbonne Université, EA 1491 EDITTA), Charline Meulien et Marianne Moser (doctorantes EA 4081, Rome et ses renaissances, Sorbonne Université), Sophie Aubert-Baillot (Université Grenoble-Alpes), Clara Auvray-Assayas (Université de Rouen), Thomas Bénatouïl et Peggy Lecaudé (Université de Lille), Marion Bourbon, Bénédicte Delignon (ENS Lyon), Sabine Luciani et Jeanne Ravaute (Université Aix-Marseille), Stéphane Marchand (Université Paris 1), Charlotte Murgier (Université Paris I), Géraldine Puccini (Université de Bordeaux-Montaigne), Christelle Veillard (Université de Paris-Ouest-Nanterre) ; (2) au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis : David Sedley (Université de Cambridge), George Boys-Stones (Université de Durham), Gretchen Reydams-Schills (Université Notre Dame), Georgina White (Vanderbilt University) ; en Italie Rita Pierini (Università di Firenze) ; au Brésil, Marcos Martinho dos Santos (Université de Sao Paulo USP).

 

English short version

The aim of project PHILAT is to build up a lexicon of the words and notions of the Latin philosophical vocabulary in order to show how the Greek philosophical notions have been translated and acclimated in Rome, in philosophical texts as well as in other aspects of Latin literature. The heart of the project will be an on-line lexicon in open access, that will allow dynamical research following different modes of interrogation and indexation (chronology, schools, literary genres, …). The lexicon will be completed by textual analysis, in order to evaluate the distance between the original notions and their transposition. The project intends to test the hypothesis of the translatability of the philosophical vocabulary from one language into another through its first historical attempt, the passage from Greek to Latin, and aims to understand how this attempt managed to create a new lexicon, to initiate a process of cultural transfer and to transform in return the source culture.