Scotton Marialuigia

Titre de la thèse : "L'anthropologie de Némésius d'Emèse entre Platon et platonisme"

Co-direction : Anca Vasiliu (CNRS- Univ. Paris-Sorbonne) et Maria Grazia Crepaldi (Université de Padoue)

La thèse concerne le De natura hominis, le traité anthropologique composé par Némésius, évêque d’Émèse, entre la fin du IVe siècle et le début du Ve siècle.

L'intérêt majeur de cet ouvrage réside dans le fait que Némésius, pour la première fois dans le cadre de la culture chrétienne ancienne, s’attache à démontrer d’un point de vue philosophique l'union entre l'âme et le corps.

La recherche vise à examiner l'influence de la philosophie de Platon sur l'élaboration de la vision anthropologique de Némésius, qui utilise à plusieurs reprises la conception instrumentale de la relation âme-corps chez Platon pour décrire le lien étroit entre les deux parties de l'homme.

Parmi les sources dont le penseur chrétien a dérivé sa connaissance de la philosophie de Platon, l’enquête se focalisera sur Galien : Némésius en effet se réfère aux doctrines platoniciennes, surtout dérivées du Timée quand il aborde les thèses du médecin de Pergame.

Sera également analysée la relation entre l’évêque d’Émèse et le néoplatonisme, qui était l’horizon philosophique de la plupart des penseurs chrétiens de cette période, afin de déterminer si Némésius a récupéré les aspects de la philosophie de Platon qui sont capables de justifier une vision anthropologique unitaire et si, en même temps, il a refusé les aspects du platonisme contemporain en conflit avec cette conception anthropologique.

Enfin, la position philosophique de Némésius sera reliée à celle des autres penseurs chrétiens du quatrième siècle, en particulier Grégoire de Nysse, afin de placer le De natura hominis dans son contexte historique et culturel.

La thèse vise à mettre en évidence l’originalité de la pensé de Némésius d’Émèse, souvent mis en discussion par les études de la première moitié su XXe siècle, et aussi à découvrir dans le De natura hominis une compatibilité entre la perspective anthropologique de quelques dialogues platoniciens et la conception chrétienne de l’homme.